Un printemps californien

Topanga  - California

Haut lieu du mouvement hippie dans les années 70, refuge discret d’artistes tels Neil Young ou Marvin Gaye, Topanga est une Californie qu’on ne montre pas souvent à quelques encablures de Los Angeles.

Topanga, une vallée qui a choisi de rester confidentielle, comme si la Californie avait gardé ici une oasis paisible et silencieuse. Un endroit à l’abri du bruit de la côte. La route sinueuse qui nous emmène à Topanga serpente entre les collines sèches et poussiéreuses de la Californie. Et puis l'on passe un col et tout de suite l’air change : plus résineux, plus minéral, avec ce parfum sec de sauge et de chaparral chauffé au soleil.

La lumière tombe en biais à travers les chênes, les sycomores et les eucalyptus, et le paysage s’organise en couches : roches ocres, broussailles denses, pins isolés, puis, au loin, un éclat de Pacifique.

Ce qui frappe à Topanga, c’est cette sensation de frontière. À quelques minutes, il y a l’océan, les lignes qui déroulent à Malibu, les parkings et les planches sous le bras. Mais dans la vallée, tout se ralentit.

Les maisons sont souvent cachées, comme construites pour ne pas interrompre le relief. Des cabanes en pin, des terrasses en bois, des chemins qui semblent mener à un atelier, un jardin, une clairière. On comprend vite pourquoi le lieu attire ceux qui vivent dehors autant qu’ils créent dedans : des gens qui bricolent, qui surfent tôt, qui marchent en fin d’après-midi, qui préfèrent l’usure du temps aux surfaces parfaites.

Topanga, c'est aussi une sonorité particulière. Le jour : le vent dans les feuilles, les oiseaux, parfois un pickup qui passe, parfois juste le silence, épais. Le soir : une autre vallée apparaît, plus douce : des guirlandes sur une terrasse, une son guitare quelque part, une conversation qui se perd dans la pente. Et toujours cette idée qu’ici, la nature n’est pas un décor : elle impose ses règles. La poussière l’été, la fraîcheur dès que le soleil tombe, la menace des feux dans les années sèches. 

Topanga fait parti des endroits où l’on vient pour respirer autrement, remettre les gestes essentiels au centre — marcher, grimper, observer, attendre la bonne houle. Une Californie moins lisse, plus vraie, et peut-être, pour ça, plus attachante.

Des paysages très différents des îles Galapagos pour la surfeuse et navigatrice en transit, Isabella Veliz. Le tout mis en images par le talentueux Julien Bru. Mikey, Isabella et Julien sont tous trois ambassadeurs de la marque depuis de longues années.